Mes voeux pour 2016. Pieux? Peut-être pas...

2015 restera pour moi une année difficile, au cours de laquelle notre communauté nationale a encore beaucoup souffert :

- Le nombre de personnes sans emploi continue à faire peser une pression inacceptable sur trop de nos concitoyens ainsi privés de subsistance et pire encore d’espoir. Tant que ce défi ne sera pas relevé, le reste n’est finalement qu’accessoire.

- Les attentats et la menace terroriste encore présente créent un climat d’angoisse pesant. Cela nous fait aussi mesurer combien nous avons sans doute joué les apprentis sorciers en intervenant militairement au Moyen-Orient parfois sur une base légale ou morale fragile.

- Les élections régionales ont confirmé la consolidation de l’assise électorale du Front National. Je n’y vois rien de nouveau. La frange la plus conservatrice de la droite Française a toujours défendu un corpus d’idées très proche de celui du Front National, même si cela se faisait avec une certaine discrétion. Le virage conservateur de N. Sarkozy a simplement légitimé la possibilité de tenir certains propos. Et les électeurs ne s’y sont pas trompés : autant voter pour l’original plutôt que pour le pastiche. Reste qu’en toile de fonds grandit un rejet du personnel politique, de plus en plus éloigné de la vie réelle.

Alors je forme pour 2016 des vœux d’espoir, parce que nous portons en nous les ressources nécessaires pour créer le renouveau dont notre pays a besoin.

J’espère voir la situation économique se redresser et enfin permettre d’inverser la courbe du chômage. Sans cela, et sans un redressement particulier de l’emploi des jeunes, nous ne pourrons pas juguler la montée de la violence, du communautarisme, de l’extrémisme. Une société dans laquelle l’écart entre ceux qui ont le plus et ceux qui ont le moins s’agrandit chaque décennie est une société condamnée.

J’espère voir la communauté nationale débattre sainement, ardemment, librement, des grands sujets qui nous agitent, parce que du débat démocratique seul peut sortir la justesse d’une politique. Ne pas s’écharper sur la question de la déchéance de nationalité, mais se concentrer sur d’autres débats, autrement moteurs : améliorer l’intégration des jeunes sous-diplômés, organiser la transition des savoirs entre générations, réinventer la promotion des filières professionnelles, structurer l’obligation de diversité dans toutes les organisations, réformer les régimes de retraite avec l’objectif d’un système unique équitable pour tous les salariés, qu’ils soient du secteur public ou privé…

J’espère voir la galaxie politique, dans son ensemble, préparer un vrai changement de génération que la fin théorique du cumul des mandats en 2017 devrait permettre. Démanteler les népotismes régionaux, interdire les cumuls de mandats politiques et civils (HLM, SEM, communauté de communes, organismes publics…) qui font de certains des salariés multicartes dont l’unique objectif est la constitution d’un revenu, obliger le personnel politique à revenir à la vie civile à intervalles réguliers, faire la chasse aux « planques de la République », interdire de politique ceux qui ont été condamnés pour des faits politiques (corruption, abus de biens, emplois fictifs…).

Retrouver un peu de mordant pour trancher et ramener la vertu.

Avec la vertu reviendra la confiance.

Avec la confiance reviendra la réflexion et l’intelligence du vote.

Bonne année !

 

Posted on January 7, 2016 .